Robert Moisy (1919-1996), est un photographe caladois, devenu reporter de guerre durant la Seconde Guerre Mondiale. Chaque mois, sur nos réseaux sociaux, les archives municipales vous livrent un pan de l’histoire caladoise. Ce mois-ci, zoom sur Robert Moisy à l’occasion des 200 ans de la photographie…
En 1939, alors que le jeune parisien Robert Moisy vient d’installer un studio photo dans un local à l’angle de la rue de la Gare, la guerre éclate. Afin d’échapper au Service du travail obligatoire (STO), il tente de rallier les Forces Françaises Libres d’Afrique du Nord.
Arrêté en Espagne, il est interné cinq mois dans le camp de Miranda de Ebro (province de Burgos) puis parvient à rejoindre les forces armées qu’il intègre comme reporter militaire à la fin de l’année 1943.
Membre du corps expéditionnaire qui combat à Monte Cassino (Italie, mai-juin 1944), il entre au service du général De Lattre de Tassigny et est aux premières loges pour vivre le débarquement en Provence (août 1944) puis la remontée des armées de Libération à travers la France, l’Allemagne et l’Autriche.



Nommé correspondant de guerre auprès de la 5ème Division Blindée, puis photographe personnel du général Béthouart, qui commande un des deux corps de la 1ère armée.
Il côtoie la célèbre photographe Germaine Krull, avec laquelle il immortalise les faits militaires les plus marquants, les scènes de liesse dans les villes libérées (il est présent comme reporter de guerre, à la libération de Paris) mais aussi des moments plus intimes avec toujours ce goût du détail, cette science du cadrage qui caractérisent ses portraits et ses paysages…
Après la capitulation de l’Allemagne nazie, il devient chef du service photographique de l’armée française en Autriche. En 1946-1947, il est invité à présenter ses œuvres pour participer au rapprochement franco-autrichien dans plusieurs expositions.
Parmi les milliers de clichés qu’il a réalisé, il expose une grande partie naturellement consacrée à la marche victorieuse de la 1ère armée française mais aussi, pour contrebalancer toute l’intensité dramatique des combats, une vision d’une Autriche apaisée et immuable, avec ses paysages enneigés, des scènes de vie et des portraits de paysans tyroliens.



De retour en France, Robert Moisy se réinstalle à Villefranche où il tiendra un studio photo jusqu’en 1982.
Le talent et les ambitions artistiques doivent se plier aux besoins et aux exigences d’une petite ville. Mais que ce soit un simple portrait, une scène de la vague des conscrits ou un paysage du Beaujolais, on perçoit toujours chez Robert Moisy cette volonté de réaliser plus qu’une belle photographie.



Parallèlement, aux travaux de son studio rue de la Gare, il mène des projets artistiques plus personnels comme son livre et sa série de cartes postales sur le Beaujolais.
Passionné par l’image, fixe ou animée, il apporte sa contribution à la Compagnie Caladoise de Films à l’origine du film « Le Beaujolais, 1er fleuve de France » (1953) et au Club 8-16 qui rassemble les premiers cinéastes caladois.



+ d’histoire
En 2026, la photographie fête ses 200 ans ; une belle occasion pour le public de découvrir les collections photographiques conservées par la Ville.
Plus d’informations auprès du Service des Archives Municipales
Iconographie :
- 1/ Robert Moisy, reporter de guerre (AMV, 58Fi Fonds Moisy)
- 2/ Portrait d’un militaire, avec dédicace au photographe (AMV, 58Fi Fonds Moisy)
- 3/ Exposition à Prague, 1946 (AMV, 58Fi Fonds Moisy)
- 4/ Portrait de Robert Moisy (AMV, 58Fi Fonds Moisy)
- 5/ Conscrits caladois (AMV, 58Fi Fonds Moisy)
- 6/ Le Club 8-16 en 1960 (AMV, 5Fi Reportages photo de Pierre Eymin)
- 7/ Le studio de Robert Moisy, rue de la gare, 1975 (AMV, 5Fi Reportages photo de Pierre Eymin)
- 8/ Carte postale de Robert Mosy – Vendanges, dans les années 70 (AMV, 58Fi Fonds Moisy)
- 9/ Robert Moisy, devant une chambre photographique (AMV, 58Fi Fonds Moisy)
- 10/ Conscrits de 1954 (AMV, 58Fi Fonds Moisy)
- 11/ Robert Moisy, reporter de guerre (AMV, 58Fi Fonds Moisy)
- 12/ Club 8/16 vers 1962 (AMV, 58Fi Fonds Moisy)